Ce qui fait la compétence unique de l’informaticien est sa capacité à transformer un besoin d’affaire en solution efficace en s’appuyant sur les technologies de l’information. J’appelle cela de la créativité.
À cette période de l’année où les experts en prévisions vous concoctent leur dernière collection de grandes tendances pour la prochaine année, vous n’aurez de cesse de lire des prédictions qui décrivent ce que vous devrez faire en matière de mobilité, de nuage, de géolocalisation et de gestion des connaissances. De mise à jour de systèmes et de gestion de parc informatique.
On vous parlera d’imprimantes 3D et d’objets connectés, de sécurité et de cryptage, de données massives ou de nuages personnels. Et encore jusqu’à plus soif.
Voilà près de 20 ans que je consulte ces prévisions année après année et je m’interroge souvent sur leur pertinence. En général, on nous prévoit un peu ou beaucoup plus de ce que nous connaissons déjà et on met l’emphase sur un ou deux trucs dont on a commencé à entendre parler au cours de l’année et qu’on choisit comme représentant LES tendances à surveiller. Généralement, rien de bien surprenant (comme le mentionnait l’amie Sandrine PrompTep sur Google+).
Prenons par exemple, la géolocalisation. On en parle à profusion depuis que tous les téléphones que nous trimballons avec nous comportent un système GPS pour nous permettre de connaître notre position à tout instant. Les applications qui vont un peu plus loin que le simple positionnement foisonnent en ce moment (j’en ai vu une récemment qui cartographie les informations sur les maladies courantes en analysant les réseaux sociaux). Mais vous avez à peine eu le temps de les apprivoiser et de regarder comment cela peut contribuer au développement de vos affaires que déjà on parle de microlocalisation (traduction libre et personnelle de indoor positioning system) comme la technologie iBeacon qu’a commencé à utiliser Apple dans ses boutiques.
Si on aborde l’informatique en étant à la remorque de l’émergence des technologies, on risque de toujours être en mode rattrapage. D’autant plus que ce n’est pas nécessairement l’intégration rapide d’une technologie en émergence qui garantit le succès, mais peut-être plus l’intégration originale, créative et bien exécutée d’une technologie déjà stable.
Et c’est là que tout le talent des informaticiens est appelé à briller. En décodant les « besoins d’affaires », pris au sens large, pour les traduire en applications, en services, en API. En les supportant par une plateforme mobile, infonuagique ou plus traditionnelle à la rigueur (oserait-on encore dire : client-serveur ?).
L’informaticien d’aujourd’hui doit aller plus loin que les technologies, il doit anticiper les besoins d’affaires, participer à la planification stratégique, faire partie de ceux qui créent l’avenir au lieu de se contenter de la coder dans le système. L’informaticien doit devenir un créateur et un collaborateur, qui sont des compétences clés du 21e siècle. (Je ne suis pas le seul à le dire – voir ici comme le signalait l’ami Geoffroi Garon sur Facebook).
Ce qui rejoint le message de Michel Loranger, premier vice-président TI au Groupe financier SSQ lors de son allocution à la Tribune des CIO récemment. Pour lui, les gens de TI doivent s’approprier le contenu de la planification stratégique d’une organisation, traduire les stratégies et orientations d’affaires en besoins pouvant être comblés par les technologies de l’information.
Une telle approche nécessite bien entendu une bonne dose de collaboration et de créativité dans les solutions. Collaborer et créer pour anticiper les stratégies de l’organisation; voilà la tendance dont j’aimerais que nous parlions en 2014, dans l’univers des technologies de l’information.
Mes meilleurs vœux pour l’année qui s’amorce!
(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 9 janvier 2014)