Allez-vous tweeter ce billet ? J’espère bien que non, mais je souhaite que vous le partagiez à votre convenance.
Avec la prolifération des réseaux sociaux depuis cinq ans nous est arrivé aussi tout un vocabulaire adapté ou dérivé de ces nouvelles plates-formes de communication. Avec quelques excès qui me font régulièrement froncer les sourcils.
Le plus excessif de ces dérivés de l’anglais est sans doute l’utilisation du verbe liker pour signifier l’appréciation d’une publication sur Facebook, comme dans « j’ai liké son post sur Facebook». (Et je vous offre le bénéfice de l’accorder comme un participe passé, bien que mon Antidote se soit buté à ce mot.)
Le mot aimer aurait sans doute pu faire le travail efficacement pour exprimer cette idée, comme dans «j’ai aimé sa publication sur Facebook».
Nous avons une foule de termes déjà existants qui décrivent toute une panoplie de situation ou d’action de communication.
Comme le mot publier, par exemple. On peut publier un message sur Twitter, Facebook ou même Google+, ça fonctionne, essayez pour voir.
Parce que s’il faut tweeter un message, on risque de devoir aussi facebooker, pinterester et même googleplusser nos états d’âme et autres messages d’intérêt ? Un terme simple comme publier à l’avantage de s’appliquer à tous les contextes, se prononce mieux que tous ces mots calqués sur des marques de commerce et se conjugue certainement mieux que pinterester ou googleplusser…
Reste à savoir si on publie un tweet ou quelque chose d’autre. Certains ont suggéré que ces publications sur le réseau Twitter soient des gazouillis, une traduction directement inspirée des métaphores aviaires que suggère le nom et la signature graphique de ce réseau (quoiqu’on utilisait aussi la baleine dans des circonstances de pannes, mais cela est fréquent depuis quelques années…). Comme utilisateur d’affaires de ce réseau, j’aurais préféré que cette suggestion de vocabulaire ne prenne jamais son envol, puisqu’elle me donne l’impression que tout ce qui s’y dit ne se résume qu’à des piaillements. Or, ce réseau a beaucoup d’intérêt à mon avis, autant en affaires qu’en veille d’information ou en divertissement.
J’aime mieux publier un message qu’un cri d’oiseau sur Twitter. Un micromessage si vous préférez insister sur l’aspect très court de la communication, mais un message ou une note, à la rigueur, fait mon bonheur, d’ailleurs beaucoup plus qu’un post.
Une fois publié, le message risque également d’être «retweeté par tous vos followers», qui ne sont pas des suiveux, de grâce, mais des abonnés et j’espère qu’ils préféreront diffuser votre message en le partageant plutôt qu’en le retweettant (avec un ou deux «t», j’en perds mon latin…)
Et si vous partagez ce billet sur votre réseau social préféré, je vous invite à y associer le mot-clic #TIenfrançais et non à un hashtag quelconque : bien que je ne sois pas un grand maniaque du mot valise mot-clic, j’aurais pu vivre avec mot-clé, par exemple, mais je le préfère tout de même à hashtag ou tag, bien entendu. Vous pouvez même vous permettre le mot français avec la cédille, puisque Twitter prend désormais en considération les caractères français, y compris les accents, qui ne sont plus à l’index mais indexés pour faciliter vos recherches.
Note de la rédaction
Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.
(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 30 avril 2014 à 14 h 44)