Parallèlement à la croissance du trafic Internet issue des appareils mobiles, la conception des sites Web doit s’adapter en conséquence.
Tous les analystes l’observent et il suffit souvent de regarder autour de soi pour se rendre compte que de plus en plus de gens naviguent sur Internet à partir de leur mobile. Selon les statistiques consultées, on parle du quart jusqu’au tiers du trafic actuellement. Un trafic qui décuplera au cours des prochaines années apparemment. La visite de certains sites Web conçus pour des écrans de 20 pouces et plus, qui propose une résolution atteignant 1 920 par 1 080 pixels, si ce n’est 2 560 par 1 440, est nécessairement pénible. Je vous concède qu’il y a peu de sites dont l’espace utilisé atteint 1 920 ou 2 560 pixels de largeur, la plupart variant entre 1 024 et 1 360 pixels. Ceci dit, on pourra certainement afficher jusqu’à 1 136 pixels de largeur sur l’écran de 4 pouces en diagonale des iPhone 5, par exemple, il demeure que c’est beaucoup moins convivial à lire que le même site sur un écran de 20 pouces. Il est vrai qu’on peut toujours effectuer un zoom par pincement, une approche qui a été popularisée sur les téléphones mobiles (j’imagine qu’un des fabricants de ceux-ci a une collection de brevets sur ce geste de pincement et que plusieurs se disputent sans doute au tribunal à cet égard!). En agrandissant ainsi une section d’une page Web, on peut mieux visualiser l’information. Mais ce n’est pas encore parfait. D’où l’apparition du phénomène de l’adaptation des sites Web dont on entend surtout parler sous l’expression de Web responsive design ou responsive Web design (j’ai vu les deux…). En français, on préférera utiliser l’expression conception de sites Web adaptatifs comme le suggère le Grand dictionnaire terminologique. Le site Web du Réseau ACTION TI a d’ailleurs épousé cette approche et la plupart des pages sont maintenant conformes à ce modèle. Cette approche s’avère très pratique pour nos grands événements alors que les participants veulent consulter le programme de la journée ou le profil des conférenciers, sur le téléphone, bien entendu. Cette approche se distingue d’une autre qui visait à créer un second site Web adapté aux appareils mobiles, une solution souvent adoptée il n’y a pas si longtemps et qui nécessite généralement une double structure de site et une double gestion des contenus. En se tournant vers la conception de sites Web adaptatifs, on adaptera notre système de gestion de contenu (aussi connu sous l’appellation anglaise de content management system ou CMS) de manière à ce qu’il puisse reconnaître la taille d’affichage de l’appareil utilisé par le visiteur du site et lui proposer un contenu adapté à l’écran en question. Ainsi, on voudra généralement offrir un modèle de page pour les ordinateurs de bureau, un autre pour les tablettes et un dernier pour les téléphones évolués. Cependant, les informations présentées sont générées depuis le système de gestion de contenu et sont adaptées à la volée, ce qui facilite le contrôle du contenu et évite la duplication (et les risques d’erreurs!). La difficulté survient quand on essaie d’implanter ces principes dans un site existant : souvent, les Webmestres prennent certaines libertés de conception des pages en fixant des paramètres qui sont contraires aux principes des sites conçus pour s’adapter aux tailles d’écran. On s’en rend vite compte quand on remplace les anciens modèles de pages (qu’on préférera au template anglais) par de nouveaux, conçus pour tous les écrans : les contenus ne s’affichent plus dans leur intégralité et la navigation devient difficile. Ici, la standardisation a une raison d’être et le travail de préparation peut être important. Mais comme la tendance à la mobilité est inéluctable, il vaut mieux adopter dès que possible une conception de sites Web adaptatifs. Bonne navigation, sur tous vos appareils !
Note de la rédaction: Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. Cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.
(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 14 mai 2014 à 15h06)