Les nouvelles compétences

Le développement des systèmes informatiques ou la mise en place d’outils de gestion informatisés implique désormais plus que des connaissances techniques. L’éventail des compétences qui doivent désormais faire partie des cordes à l’arc du professionnel des TI ne cesse de s’agrandir.

Il y fut un temps où connaître le Cobol était LE gage du succès dans une carrière en programmation informatique. Évidemment, le Cobol n’est plus le langage de prédilection des nouveaux programmeurs qui carburent plus à l’Objective C ou au Java, mais ce ne sont pas les seuls changements qui définissent le quotidien des informaticiens.

Il y a bien entendu les méthodes de projets qui ont changé, s’adaptant au contexte d’amélioration continue dans une perspective progressive. Ceci nous a amenés à développer en mode agile, une approche qu’on peut d’ailleurs appliquer non seulement au développement informatique, mais à une multitude de projets de toute nature, et à divers aspects de l’évolution des organisations, bref, au changement en général.

Il faut l’accepter, les temps ont changé. Avec un impact certain au niveau des compétences. Le technique doit désormais s’accompagner, par exemple, de savoirs comportementaux, appelés souvent, en anglais, des softs skills.

Combiner éthique et croissance organisationnelle

On voit souvent ces savoirs dans la classe de la résolution de problèmes ou de la gestion des ressources humaines, mais je crois que les nouveaux savoirs dépassent ce cadre. On peut penser à l’éthique par exemple, et dans notre cas, l’éthique professionnelle. Nous sommes confrontés à cette notion continuellement ces temps-ci dans le contexte de la protection de la vie privée notamment, alors que les organisations s’interrogent sur leur manière de gérer les informations personnelles.

Comme gestionnaire ou spécialiste, il nous faut arbitrer entre les impératifs de la gestion des données, des besoins de la mise en marché et de la vente, de l’analyse marketing en regard des limites morales ou des règles de conduite généralement acceptées ou imposées par des lois. Il nous faut allier technologie et technique dans le cadre de la réalisation de la mission d’une organisation et de sa croissance.

Ce n’est pas le genre de compétences qu’on peut acquérir dans des formations purement techniques. Il faut nécessairement faire une démarche qui nous amène à considérer des perspectives globales.

Compétences du futur

S’il leur faut maîtriser l’art des technologies, les informaticiens doivent également parfaire leurs compétences dans ces divers domaines.

L’intelligence sociale fait partie de ce genre de savoirs comportementaux qu’il est nécessaire de développer. À l’ère des réseaux sociaux et des environnements de collaboration pour équipes éclatées, la capacité de bien saisir la charge émotionnelle des propos (et celle qui se cache derrière un message instantané ou un statut Facebook) peut faire la différence sur la réaction à adopter pour répondre à un client ou un collègue.

Les environnements de collaboration sont des plates-formes informatiques à la base, présentés sous la forme d’application/service web. On critique souvent leur inefficacité. En fait, c’est que le travail en collaboration n’est pas juste une affaire de technique, c’est surtout une affaire de culture et c’est sans doute là que se trouve une grande partie de l’explication. La collaboration virtuelle fait partie de ces compétences nouvelles que les travailleurs d’aujourd’hui en informatique, ou ailleurs, doivent développer. Cette capacité de s’engager envers un objectif et de s’assurer d’une haute productivité est certainement une aptitude particulière que les membres des équipes virtuelles doivent développer.

La pensée innovatrice est en une autre. On qualifie souvent la culture québécoise de créative, ce qui est un des facteurs qui a favorisé le développement de notre industrie du jeu électronique (ou mobile ou des plates-formes numériques, selon l’expression qui vous plaît le plus). Ce penchant créatif doit s’étendre à toutes les autres sphères, dans toutes les organisations. Résoudre des problèmes ou relever des défis avec des solutions nouvelles nécessite une manière de penser et de s’adapter qui seront nécessairement recherchées par les employeurs d’aujourd’hui et de demain.

Vous avez certainement votre point de vue sur des compétences dont vous saisissez l’importance au cours des prochaines décennies. Vous le savez comme moi, il est probable que la moitié des types d’emplois pour lesquels vous recherchez des ressources en ce moment n’existaient pas quand vous et moi avons fait nos études au collège ou à l’université. L’informatique change et les compétences évoluent. Je vous invite à me faire de vos commentaires sur mon blogue.

Note: pour poursuivre votre réflexion, je vous invite à consulter le document Future Work Skills 2020, proposé par l’Institute for the Future – bien que l’étude date de quelques années, les compétences identifiées sont toujours très pertinentes. 

(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 14 octobre 2014)

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