Nuageux, avec passages ensoleillés, en français

Si l’infonuagique fait désormais partie de notre quotidien, ce ne sont pas tous les concepts liés aux nuages informatiques qui ont réussi à s’exprimer en français. Chronique météo informatique.

Le terme infonuagique, proposé en 2009, pour rendre en français le concept de cloud computing, est de plus en plus utilisé dans nos discussions courantes (du moins, dans nos discussions courantes en informatique).

Ce qui ne nous empêche pas d’entendre régulièrement des phrases comme « on va mettre ça dans le cloud! » ou de lire des titres comme « Déployer des solutions dans le cloud ».

Un nuage ne vient jamais seul et la réalité infonuagique suppose aussi que les nuages ont différentes qualités. Comme leur élasticité, par exemple, qui représente la capacité de variation de la disponibilité des ressources informatiques en s’ajustant à la demande.

Nous sommes à l’ère de l’informatique ouverte (en fait, on pourrait en discuter… le sommes-nous vraiment ? Sans doute le sujet d’une autre chronique…), et pour plusieurs d’entre nous, la notion de pouvoir passer d’une plate-forme à l’autre sans trop y perdre devient un enjeu sérieux. D’où la notion de portabilité ou de transportabilité infonuagique, dont l’objectif est de pouvoir faire passer nos données ou nos applications d’un nuage à l’autre. L’enjeu peut être grand dans un monde de jeunes entreprises Internet (start-up) qui nous proposent un nombre croissant de logiciels-services essentiellement disponibles en nuage. De quelle manière pourrons-nous récupérer le tout le jour où cette jeune entreprise ferme boutique ou se voit acquise par Google ou autre Facebook ?

Notre base de données infonuagique est certainement un actif essentiel de notre organisation et nous devons nécessairement avoir un plan de relève, encore mieux un plan de secours mais certainement pas un plan de contingence.

L’origine exacte de l’utilisation du concept de nuage se perd un peu dans la nuit des temps, mais revient à l’époque où l’Internet est devenu un réseau accessible à un nombre croissant de personnes branchées vers le milieu des années 1990. La représentation du réseau des réseaux sous la forme d’un simple nuage auquel sont reliés tous les ordinateurs, a fait image.

Avec le développement de divers services en ligne, du stockage en ligne, d’applications ou de données en ligne, l’infonuagique est née. Même si pour le Urban Dictionnary, dont il faut souligner le caractère souvent sarcastique, il s’agit plutôt d’une savante récupération marketing d’un concept qui existait depuis fort longtemps…!

Avec tous nos appareils dits intelligents, reliés à des services en nuage via le réseau, ne sommes-nous pas très près du concept de l’ordinateur central, avec sa horde de terminaux ? Je vous laisse me faire part de votre avis, en commentant sur mon blogue!

Note de la rédaction

Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. Cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.

(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 1er octobre 2014)

La ludification: quand tout devient un jeu

Vous avez des «badges» sur Foursquare ou vous êtes le maire de votre café préféré? Votre score Klout a-t-il franchi la barre psychologique des 50 points et avez-vous accumulé quelques «perks» ? Quel est votre niveau de réputation sur StackOverflow et quels badges vous a-t-on attribués? Bienvenue dans le merveilleux monde la «gamification»!

Si vous consultez les classements d’applications les plus populaires sur l’App Store, qu’elles soient gratuites ou payantes, le haut du palmarès est généralement occupé par des jeux. Idem dans l’univers Android sur Google Play. Similaire dans la boutique Windows Store.

Les gens aiment jouer. D’après l’Association canadienne du logiciel de divertissement, 58% des Canadiens sont des joueurs (certains diraient des gamers…), une proportion qui atteint 90% chez les 6 à 17 ans.

Un marché global de 111 milliards de dollars en 2015 prévoyait Gartner. Pas étonnant que le jeu finisse par influencer différents services et stratégies.

L’intégration des techniques de jeu ou des mécanismes liés à des jeux en atteignant de meilleurs scores et en offrant des avantages liés à des étapes, comme des armes plus évoluées ou des options de personnalisation exclusives, est un phénomène baptisé ludification et dont vous avez sans doute entendu l’équivalent anglais, gamification, souvent prononcé à la française.

En atteignant un certain score Klout (à vous de vous fixer un objectif…!), vous avez l’impression d’avoir un rayonnement plus grand, une importance plus grande, une meilleure réputation sur les réseaux sociaux.

Vous pouvez d’ailleurs afficher votre score avec fierté en l’intégrant sur votre blogue, par exemple (oui oui, je l’ai fait…). Votre ego s’en trouvera flatté si un 47 vous satisfait, mais n’en faites pas une dépression si vous n’avez pas encore atteint le 50 ou le 75! Vous pourrez vous consoler avec les cartes professionnelles gratuites offertes par moo.com parce que Klout a décidé de vous encourager en vous offrant cet avantage (…perk).

L’utilisation de ces techniques vise un objectif précis: vous faire adopter certains comportements qui correspondent aux indicateurs de succès du service. Plus vous vous enregistrez en des lieux différents ou spécifiques (faire des check-ins…) sur Foursquare, plus vous aurez de chances de devenir le maire de l’endroit (je suis le maire du Réseau ACTIONction TI… hé hé !).  Vous pourrez aussi accumuler des insignes (badges) parce que vous prenez de nombreuses photos, que vous vous êtes enregistré trois3 fois ou plus au même endroit dans la même semaine, etc.

On s’imagine un peu la somme d’information sur vos comportements de consommateur que Foursquare accumule. Après le théâtre, il prend un verre à tel bistro. Avant le hockey, il mange à cet endroit. Il travaille ici, il dort là, il voyage là-bas. Même anonymisées, ces informations documentent abondamment le segment de marché auquel j’appartiens. Et nous partageons ces informations allégrement pour obtenir des insignes et une mairie. Reste à savoir si Foursquare en tire vraiment profit, malgré la gratuité du service. Rappelez-vous le dicton: si le service est gratuit, c’est que VOUS êtes le produit…

Heureusement, il y a d’autres types d’applications qui intègrent des techniques de ludification qui visent à récompenser l’apprentissage, la pertinence ou l’utilité des contributions. C’est un peu ce que vise StackOverflow, par exemple, avec ses insignes et son score ou encore Quora avec son système de votation.

Et vous, utilisez-vous des techniques de jeu dans la conception de vos produits et services?

Note de la rédaction

Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. Cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.

 

(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 19 juin 2014)

Un site Web pour tous les appareils

Parallèlement à la croissance du trafic Internet issue des appareils mobiles, la conception des sites Web doit s’adapter en conséquence.

Tous les analystes l’observent et il suffit souvent de regarder autour de soi pour se rendre compte que de plus en plus de gens naviguent sur Internet à partir de leur mobile. Selon les statistiques consultées, on parle du quart jusqu’au tiers du trafic actuellement. Un trafic qui décuplera au cours des prochaines années apparemment. La visite de certains sites Web conçus pour des écrans de 20 pouces et plus, qui propose une résolution atteignant 1 920 par 1 080 pixels, si ce n’est 2 560 par 1 440, est nécessairement pénible. Je vous concède qu’il y a peu de sites dont l’espace utilisé atteint 1 920 ou 2 560 pixels de largeur, la plupart variant entre 1 024 et 1 360 pixels. Ceci dit, on pourra certainement afficher jusqu’à 1 136 pixels de largeur sur l’écran de 4 pouces en diagonale des iPhone 5, par exemple, il demeure que c’est beaucoup moins convivial à lire que le même site sur un écran de 20 pouces. Il est vrai qu’on peut toujours effectuer un zoom par pincement, une approche qui a été popularisée sur les téléphones mobiles (j’imagine qu’un des fabricants de ceux-ci a une collection de brevets sur ce geste de pincement et que plusieurs se disputent sans doute au tribunal à cet égard!). En agrandissant ainsi une section d’une page Web, on peut mieux visualiser l’information. Mais ce n’est pas encore parfait. D’où l’apparition du phénomène de l’adaptation des sites Web dont on entend surtout parler sous l’expression de Web responsive design ou responsive Web design (j’ai vu les deux…). En français, on préférera utiliser l’expression conception de sites Web adaptatifs comme le suggère le Grand dictionnaire terminologique. Le site Web du Réseau ACTION TI a d’ailleurs épousé cette approche et la plupart des pages sont maintenant conformes à ce modèle. Cette approche s’avère très pratique pour nos grands événements alors que les participants veulent consulter le programme de la journée ou le profil des conférenciers, sur le téléphone, bien entendu. Cette approche se distingue d’une autre qui visait à créer un second site Web adapté aux appareils mobiles, une solution souvent adoptée il n’y a pas si longtemps et qui nécessite généralement une double structure de site et une double gestion des contenus. En se tournant vers la conception de sites Web adaptatifs, on adaptera notre système de gestion de contenu (aussi connu sous l’appellation anglaise de content management system ou CMS) de manière à ce qu’il puisse reconnaître la taille d’affichage de l’appareil utilisé par le visiteur du site et lui proposer un contenu adapté à l’écran en question. Ainsi, on voudra généralement offrir un modèle de page pour les ordinateurs de bureau, un autre pour les tablettes et un dernier pour les téléphones évolués. Cependant, les informations présentées sont générées depuis le système de gestion de contenu et sont adaptées à la volée, ce qui facilite le contrôle du contenu et évite la duplication (et les risques d’erreurs!). La difficulté survient quand on essaie d’implanter ces principes dans un site existant : souvent, les Webmestres prennent certaines libertés de conception des pages en fixant des paramètres qui sont contraires aux principes des sites conçus pour s’adapter aux tailles d’écran. On s’en rend vite compte quand on remplace les anciens modèles de pages (qu’on préférera au template anglais) par de nouveaux, conçus pour tous les écrans : les contenus ne s’affichent plus dans leur intégralité et la navigation devient difficile. Ici, la standardisation a une raison d’être et le travail de préparation peut être important. Mais comme la tendance à la mobilité est inéluctable, il vaut mieux adopter dès que possible une conception de sites Web adaptatifs. Bonne navigation, sur tous vos appareils !

Note de la rédaction: Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. Cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.

(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 14 mai 2014 à 15h06)

Les mots et les maux des réseaux sociaux

Allez-vous tweeter ce billet ? J’espère bien que non, mais je souhaite que vous le partagiez à votre convenance.

Avec la prolifération des réseaux sociaux depuis cinq ans nous est arrivé aussi tout un vocabulaire adapté ou dérivé de ces nouvelles plates-formes de communication. Avec quelques excès qui me font régulièrement froncer les sourcils.

Le plus excessif de ces dérivés de l’anglais est sans doute l’utilisation du verbe liker pour signifier l’appréciation d’une publication sur Facebook, comme dans « j’ai liké son post sur Facebook». (Et je vous offre le bénéfice de l’accorder comme un participe passé, bien que mon Antidote se soit buté à ce mot.)

Le mot aimer aurait sans doute pu faire le travail efficacement pour exprimer cette idée, comme dans «j’ai aimé sa publication sur Facebook».

Nous avons une foule de termes déjà existants qui décrivent toute une panoplie de situation ou d’action de communication.

Comme le mot publier, par exemple. On peut publier un message sur Twitter, Facebook ou même Google+, ça fonctionne, essayez pour voir.

Parce que s’il faut tweeter un message, on risque de devoir aussi facebooker, pinterester et même googleplusser nos états d’âme et autres messages d’intérêt ? Un terme simple comme publier à l’avantage de s’appliquer à tous les contextes, se prononce mieux que tous ces mots calqués sur des marques de commerce et se conjugue certainement mieux que pinterester ou googleplusser…

Reste à savoir si on publie un tweet ou quelque chose d’autre. Certains ont suggéré que ces publications sur le réseau Twitter soient des gazouillis, une traduction directement inspirée des métaphores aviaires que suggère le nom et la signature graphique de ce réseau (quoiqu’on utilisait aussi la baleine dans des circonstances de pannes, mais cela est fréquent depuis quelques années…). Comme utilisateur d’affaires de ce réseau, j’aurais préféré que cette suggestion de vocabulaire ne prenne jamais son envol, puisqu’elle me donne l’impression que tout ce qui s’y dit ne se résume qu’à des piaillements. Or, ce réseau a beaucoup d’intérêt à mon avis, autant en affaires qu’en veille d’information ou en divertissement.

J’aime mieux publier un message qu’un cri d’oiseau sur Twitter. Un micromessage si vous préférez insister sur l’aspect très court de la communication, mais un message ou une note, à la rigueur, fait mon bonheur, d’ailleurs beaucoup plus qu’un post.

Une fois publié, le message risque également d’être «retweeté par tous vos followers», qui ne sont pas des suiveux, de grâce, mais des abonnés et j’espère qu’ils préféreront diffuser votre message en le partageant plutôt qu’en le retweettant (avec un ou deux «t», j’en perds mon latin…)

Et si vous partagez ce billet sur votre réseau social préféré, je vous invite à y associer le mot-clic #TIenfrançais et non à un hashtag quelconque : bien que je ne sois pas un grand maniaque du mot valise mot-clic, j’aurais pu vivre avec mot-clé, par exemple, mais je le préfère tout de même à hashtag ou tag, bien entendu. Vous pouvez même vous permettre le mot français avec la cédille, puisque Twitter prend désormais en considération les caractères français, y compris les accents, qui ne sont plus à l’index mais indexés pour faciliter vos recherches.

 

Note de la rédaction

Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.

(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 30 avril 2014 à 14 h 44)

Travailler avec une masse de données

Un des créneaux de l’industrie qui semble promis à une croissance importante au cours des prochaines années est celui des données massives, un segment du marché que l’on désigne souvent sous son appellation anglaise, le big data.

Selon une prédiction de la firme IDC, le marché mondial des produits et les services liés aux données massives devrait croître à un taux composé de 27 % pour atteindre une valeur de 37 milliards de dollars d’ici 2017, un taux de croissance qui est six fois celui du secteur des technologies de l’information et des communications.

D’autres analystes de la firme Markets and Markets parlent d’un marché de 14,87 milliards de dollars en 2013, croissant au taux composé de 25,5 % pour atteindre 46,34 milliards en 2018. Avec une telle croissance et une telle importance, nous n’avons pas fini d’en entendre parler. Aussi bien s’entendre pour en parler avec des expressions françaises qui conviennent. À la rubrique big data, le Grand dictionnaire terminologique nous suggère données volumineuses ainsi que données de masse, données massives ou mégadonnées. Ma préférence personnelle va à « données massives », plus pour sa sonorité que pour quelque nuance lexicale.

Le fait de parler des « données » massives semble limiter le périmètre de la réalité que ce marché sous-entend, la donnée étant la plus petite unité d’information qui est impliquée dans la chose, fut-elle en grand nombre, au point de s’assembler en grandes masses volumineuses. Comme le soulignait il y a plusieurs mois mon ex-collègue et chroniqueur Gérard Blanc, on a tendance à regrouper sous l’appellation « données massives » tout ce qui se rapporte à la création de ces masses de données, à leur traitement comme à leur gestion. On procède à cette extension de sens tant en français qu’en anglais d’ailleurs. Personnellement, j’aimerais mieux qu’on parle du créneau de la « gestion des données massives » ou du « traitement des données volumineuses ».

Et il vrai que ces données sont massives. Le volume des données créées ne cesse de croître : on parle de 2,8 zettaoctets en 2012 (un zettaoctet = 10²¹ octets ou 1 milliard de téraoctets). C’est gros. Et on prévoit 40 zettaoctets par an d’ici 2020. À titre d’information, le centre de données de la NSA pourrait stocker 1 yottaoctet, soit 1000 zettaoctets.

La nature des données s’est fondamentalement diversifiée au cours de la dernière décennie. Avec la croissance des transactions en ligne, du passage au tout numérique et par la montée fulgurante des réseaux sociaux, le volume des données créées dépasse ce que l’on peut s’imaginer.

Les courriels sont un exemple : il circule environ 182,9 milliards de courriels par jour en 2013, soit 5 800 courriels à la seconde.

On compterait autour de 3,2 milliards de comptes sur les divers réseaux sociaux, lesquels sont détenus par un peu plus d’un milliard de personnes. À titre d’exemple, environ 500 millions de messages sont envoyés sur le réseau social Twitter chaque jour, soit environ 5 700 messages à la seconde. Le réseau Facebook, qui compte 1,19 milliard d’utilisateurs actifs, enregistre 4,5 milliards de « j’aime » par jour.

Toutes ces données constituent, pour le moins, une masse d’information que les analystes veulent pouvoir harnacher pour en tirer une valeur qui peut se transformer en opportunité en matière de stratégie d’affaires, de développement de produits et de services, d’analyse sociopolitique, etc.

Le phénomène des données massives est- il nouveau ? Pas vraiment. Le traitement, la gestion et l’analyse des données, quelles soient massives et non-structurées plutôt que structurées et à une échelle plus raisonnable demeurent du traitement, de la gestion et de l’analyse de données. S’il existe des outils et des méthodes spécialisées, on continue d’appliquer des principes que l’on connaît depuis la création des entrepôts de données (data warehouse) et des outils de forage de données (data mining). Il n’est donc pas étonnant que ce domaine intéresse de prime abord ceux dont c’est le métier de traiter et d’analyser les données, soit les spécialistes de l’informatique décisionnelle, une expression que je préfère à celle d’intelligence d’affaires (business intelligence).

Pour l’informaticien, le défi demeure de donner une signification aux données et d’en tirer de la valeur, peu importe la masse des données.

Note de la rédaction

Lorsqu’il est question de technologies de l’information, nombre d’expressions sont d’abord créées en anglais et l’emploi de mots français pour décrire de nouvelles tendances, de nouveaux appareils ou de nouvelles réalités est souvent à la remorque de la langue d’origine. Dans une vie précédente, comme journaliste en TI pendant 20 ans, j’ai souvent été confronté au défi de trouver des expressions françaises pour des technologies inventées en anglais. cette chronique est ma contribution à la discussion visant à favoriser l’usage d’expressions françaises en TI.

(Note: ce billet a d’abord été publié sur mon blogue au Réseau Action TI – le 9 janvier 2014 à 17h07)