Une leçon chinoise


Il y a une dizaine d’années, peut-être un peu plus, vous vous rappellerez sans doute qu’on lisait des articles où on se rassurait en disant que même si les emplois de fabrication étaient délocalisés (en Chine, par exemple) ce n’était pas si dramatique, puisqu’on conservait la conception des produits dans les économies occidentales. C’était ça le savoir. La Chine, elle, était l’usine du monde, sans plus.

Et on lisait aussi que c’était au prix du manque de respect de l’environnement et des conditions de travail que des pays comme la Chine pouvaient concurrencer les économies occidentales. Une situation qui serait insoutenable à long terme.

Hum.

Je viens de lire l’article de Valérie Borde «Le virage vert de la Chine» qui s’est récemment mérité le 1er prix de la 19e édition du Prix d’excellence en journalisme économique et financier. L’article date d’avril 2015, mais mérite vraiment d’être lu ou relu.

Pendant qu’on parle ici de commencer à penser à l’électrification des transports, la Chine veut mettre sur ses routes d’ici 2017 quelque 70 000 autobus électriques. Pendant ce temps, «À Shenzhen, dans le sud du pays, les 10 mil­lions d’habitants sont servis par 850 taxis électriques et plus de 6 000 autobus électri­ques, hybrides ou alimentés avec d’autres car­burants de substitution». Ça c’était en 2014, si je comprends bien.

À Montréal par exemple, la STM compte 1680 autobus, dont 8 hybrides (source: Plan stratégique 2020 de la STM). On «vise à ce que 95 % des déplacements en transport collectif soient électriques d’ici 2030». (source: Grands projets ­­> Électrification du réseau de surface)

Pendant ce temps, dans l’empire du milieu, on songe à exporter des concepts d’édifice à construction rapide qui pourraient être adaptés au transport par conteneur. «De cette manière, ces immeubles préfabriqués pourront être exportés par bateau. Bientôt dans un lotissement près de chez vous ?», conclut la journaliste.

De quoi se donner froid dans le dos, vous ne trouvez pas? Et on hésite, on tergiverse, on retarde, on réfléchit à se donner une stratégie d’innovation solide? On ne tardera pas à se faire donner des leçons.

Peut-être toute une râclée, finalement.